LA BLESSURE – Thierry Mathiasin


Quand dans les larmes le souvenir d’un visage s’est effacé, il reste les mots et leurs contours fébriles pour frayer un chemin,
le souvenir d’une tendresse flottante au-dessus d’un lit froissé, un regard encore visible sur des morceaux de nuit
Écrire sur le mur des journées captives,
regretter le soleil où nous jouions à penser le monde, deviner sur la forme de nos bouches,
la croissance des jours parmi ses brèches,
la folie florissante de tout ce que les ombres ont gardé en leur sein, la mare des heures abattues où nos cris s’étiolaient
Emprunter les nuages de brume en se disant que les prochains oiseaux seront les couteaux pour partager le fruit de la blessure,
le temps et ses aubes fantasmées
Quand dans le bruit des orages,
la seule pluie encore imaginable viendra par tous vos pores secouer la chair des intrépides rivières


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