La collection De Mille BACH FILMS ( Cinéma muet ) – PH. Guillaume

Le tonitruant triomphe de  » The Artist  » a mis fin à vos préjugés sur le cinéma muet en noir et blanc et vous ne ferez plus la fine gueule si on vous offre un DVD de la collection De Mille ou mieux, la collection complète de ces drames mondains surprenants par la modernité et l’inventivité de leur mise en scène.

Le mélo provoque et accentue le délire et une sage historiette révèle dans la forme qu’elle prend sur l’écran des excès qui en annulent le discours moralisateur.

 » Forfaiture  » ( 1914 ), par exemple, ce coup de tonnerre dans l’histoire du cinéma : éclairage à la Rembrandt, sobriété du jeu, ombres chinoises, dialectique des gros plans…Dans un tribunal une dame de la haute, pour sauver l’homme qu’elle aime, se dépoitraille et montre au public la marque de l’infamie sur son épaule !

Dans  » Affairs of Anatol « (1921) (  » Le coeur nous trompe  » mais ce titre français à la Delly également, car ce film inspiré d’un récit d’Arthur Shnitzler dépeint des situations où la lucidité, l’humour et le cynisme se mêlent de manière savoureuse). Anatol, tenté par le libertinage, rencontre sur un bateau un amour de jeunesse versé dans la courtisanerie. On voit la dame, perfide, cacher ses bijoux avant de balancer théâtralement les écrins par-dessus bord ! Pas folle la guêpe en guêpière ! Influencé par le mythe de la prairie perdue, notre héros emmène ensuite son épouse à la campagne et sauve de la noyade une jolie fermière qui, pour acheter des robes, la pauvre, a pillé la caisse de la paroisse. Sa  » chevalerie  » est bien mal récompensée quand la donzelle lui fauche son portefeuille !!

Troisième volet des aventures galantes d’ Anatol : la rencontre avec l’hétaïre dans un lieu dont les intertitres nous précisent qu’à côté, Babylone fait figure de  cantine ! Cette splendeur vénéneuse est une femme amoureuse d’un mari blessé de guerre auquel elle vient en aide comme elle peut ( snif ). Le goût préraphaélite de De Mille transparaît dans les intérieurs bourgeois où s’épanouissent ces Cléopâtre, Judith ou autre Ophélie dont nous a gratifiés la peinture du XIX eme. Gloria Swanson et Bebe Daniels témoignent d’une séduction que n’auraient reniée ni Hérédia ni d’Annunzio…

Gloria dont nous ne voyons qu’un pied, choyé par sa camériste, puis que nous découvrons, alanguie dans une large bergère et enfin demi nue derrière un paravent…et Bebe, sulfureuse  » maîtresse  » répondant au joli sobriquet de  » Satan Synnes  » !! Une servante orientale introduit les esclaves mâles dans cette thébaïde où il n’est question que du diable et de ses elixirs tandis que somnole au pied du lit une panthère.

Au terme de ses aventures, Anatol, déçu par ses maîtresses, revient dans le giron conjugal. Quand c’est Gloria Swanson qui vous y attend  » Why change your wife « , autre titre de la collection, prend tout son sens !

                                                                                                                                                                                                   

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