Julie Ladret – C’est peut-être ça. La poésie (  » Tu sais-je  » )

L’extrapolation. Lier des fragments de soi comme s’il y avait une logique, une équation réductible. C’est terrible la poésie. Terrible.Au final, on ne résout rien de soi, on se complète, on se complexifie.

Il ressortira peut-être de ce magma de mots une solution multiple à nul problème.
Quelque chose de lisible. Non. D’audible.

Je ne lis pas vraiment, j’écoute et parfois même j’entends.
J’aime bien lire une poésie à voix rauque. C’est granuleux. Ça crevasse et ça se casse comme du verre.
Des vers cisailles qui m’ouvrent en combien de parts. Inégales.
Y déposent césures bien plus que ruptures.
Une serrure peut-être.

Une serrure avec une fenêtre dedans.
Une fenêtre qui ne se paie pas en argent mais en lumière. J’y jette réflexions et j’attends que ça rebondisse.
Comme un écho. Des réflexions de sons.
Une réflexion, ça sonne. Non. Ça résonne. Ça effusionne. Un rock métal grimé à la Marylin.
C’est extra et ordinaire.

Le son est lumière. L’ombre, silence. Une absorption.
Dans ce cas, j’appartiens à l’ombre muette. Elle s’assoit face, me pile, me miette, m’enjoint.
Écris.

Dans l’absolu, j’en demande trop. Dans l’absolu, il y a tout, jamais trop.
Que ferais-je donc de tout. Il n’y a que le trop qui se déverse sur le papier.
Enfin je crois. Je pense à cet instant du temps.
Et le temps m’est imparti. Du reste. J’en ai assez pour boire comptant.
Vainement.
D’en vouloir encore, complètement saoule des lignes que je suis.
Suie césurée.
Poudre défixėe.
Je pourrais dire que le temps reste mais ne fait-il pas que passer ?
Lui ai-je déjà demandé :

– Reste mon ami, tu sais qu’on ne parle bien de poésie qu’une fois saoul et marié à une autre vie-

Le temps est imparti.
Il laisse des traces sur ma mémoire post-it. Je me courbe devant l’ombre. Je courbe. J’écris.
Parfois
Je ne sais pas si ce sont mes mots. Comme une volée de post-it d’un et d’autres.
Un pot.
Peu commun.
Où se dispersent, se déversent l’un et l’autre.
J’y pioche. J’ouvre une faille.
Libère quelques entrailles.
Mais au final, je ne sais pas si elles sont miennes.

Possède-t-on jamais un mot. Un seul. Un esclave de l’orgueil?
L’un s’en sort, met signature, d’autres murmurent.

Mes mots se suicident à vouloir tous passer de l’autre côté.
Au delà de la pensée.
Là est l’ordalie. Là est l’or d’allier.
Les sonorités. Une sororité.

Oui !
Une ordalie de mots qui cherchent leur salut dans
l’embrasure de la serrure.

Le silence est ombre. Me le suis-je dit. Je ne sais plus.
Je m’assois dans son son intérieur.
Et se taire en paroles. En paroles se terrer. Etre folle.
Je vomis l’instant présent. Mon temps imparti.
Celui qui reste pour écrire Poésie.

-La seule manière que le son ait trouvée pour me faire leçon de silence.-

Le temps est imparti.
Il tourne comme le vent sur la canopée.
Les cimes me penchent, m’épanchent.
Et moi, je pense aller à.
Bien plus que où.
Mes aléas tournent.
La clef.

Julie Ladret

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