Julie Ladret – Poésie – Quand je pleure, je connais le chemin que prennent mes larmes

Quand je pleure, je connais le chemin que prennent mes larmes
Elles abreuvent ma douleur
Elles s’apposent sous ma peau
Elles pèsent sur ma peine
Le poids de leur eau et de leur sel
Elles n’apaisent pas la femme de Loth
Elles ne sauvent pas le Mont Sodome
Ce qui doit mourir est déjà mort
Et l’écrire ne sert pas l’Homme 
Écrire ne sert pas l’Homme
C’est vain comme masser l’inerte palpitant 
Un bouche à bouche ouverte
Les yeux fermés à blanc
C’est vain comme 
L’inné déni 
D’un deuil sublime
D’une rage ultime
Ce qui doit mourir est déjà mort
Mes larmes s’oublient sur un vide-cœur

Être ou ne pas être poète 
N’est plus la question 
D’autres définissent si bien
Moi, j’actionne mes mains automates 
En souvenir du sacre
De feue Vie en moi

Écrire ne sert pas
Pas même l’oubli 
J’écris comme si
J’étais entière 
Comme si
J’étais sur Terre
Comme si
J’étais

Quand je pleure, je connais le chemin que prennent mes larmes
Elles prennent toujours le même, le calcairisent, le carbonisent
Elles s’échouent ensemble par sororité et gorgent ma carrière de pierres blanches et d’arbres noirs.

Elles coulent invariablement sur le bois silicifiė de ma suppliciée dont je connais la fin de pierre.

Quand je pleure, je connais le chemin que prennent mes larmes
Je peux m’y rendre les yeux fermés
Fendre les paupières serait écrire sur l’encre elle-même.
Stratifié de sel 
Écrire ne sert pas l’Homme
Ecrire le libère de son drame

julie photo

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s