Pascal Depresle -Je ne sais pas si je retrouverai un jour…

Je ne sais pas si je retrouverai un jour
ne serait-ce que l’ombre de ton corps perdu,
celui qui me fait la fête,
la grande, avec les manèges,
quand il frôle ma peau, simplement,
ou juste quand il l’épie de son derme oculaire,
de ces milles pores d’attaches
de sa peau endormie,
pour mieux se réveiller comme un volcan
qui crache sa vie.
C’est pourtant sans objet.
Mais rien n’y fait qui me ramène vers la raison.
Si les nuits ne cherchaient pas leur soleil
tous les soirs,
nous n’aurions pas de petits matins,
pas de lueur qui colle à l’espoir,
pas de rêves enfantins de baguettes magiques,
pour pouvoir tout changer jusqu’au dernier moment.
Le temps d’un rêve, d’un assoupissement.
La vie, tu vois, elle me fait penser
à ces presque cadavres revenus de l’enfer, ces vivants déjà morts des
baraquements de camps aux barbelés
qui sentent encore la fumée et le sang,
à ces presque bêtes qui portaient et portaient encore
les corps devenus cadavres,
de leurs compagnons d’innocence,
et qui s’évanouissent
à la moindre trace de sang.
Elle est comme eux, la nuit,
comme cette horde animale et muette,
qui n’espère plus rien de la vie,
mais qui sourit
à voir chaque fois se lever le soleil.

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