Les trois jeunes tambours (Conte du Carrousel) – Carmen Montet

Rédigée en 1745 après la bataille de Fontenoy, cette chanson de marche fut probablement composée par un authentique tambour, voire deux ou trois. Le texte fait référence à la Reine de Hongrie, c’est-à-dire Marie-Thérèse d’Autriche.

Trois jeunes tambours s’en revenaient de guerre (bis)

Et ri et ran, ran pa ta plan.

S’en revenaient de guerre !


Le plus jeune a – dans sa bouche une rose (bis)
La fille du roi était à sa fenêtre (bis)


Joli tambour, donnez-moi votre rose (bis)
Fille du roi, donnez-moi votre cœur (bis)


Joli tambour, demandez à mon père (bis)
Sire le roi, donnez-moi votre fille (bis)


Joli tambour, tu n’es pas assez riche (bis)
J’ai trois vaisseaux dessus la mer jolie (bis)


L’un chargé d’or, l’autre de pierreries (bis)
Et le troisième pour promener ma mie (bis)


Joli tambour, dis-moi quel est ton père (bis)
Sire le roi, c’est le roi d’Angleterre (bis)


Et ma mère est la reine de Hongrie (bis)
Joli tambour, tu auras donc ma fille (bis)


Sire le roi, je vous en remercie (bis)
Dans mon pays y en a de plus jolies (bis)

La tradition populaire ne devait retenir de cette bataille de Fontenoy, après laquelle la chanson des trois tambours fut écrite , que le légendaire dialogue, transcrit par Voltaire, une citation déformée, sous la forme de  : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » et faire de Fontenoy l’exemple type de la guerre en dentelles.

Les témoignages historiques révèlent que les premiers tirs furent l’œuvre des troupes françaises et que, répliquant avec méthode, les troupes britanniques foudroyèrent de leurs tirs nourris les premiers rangs ennemis et les refoulèrent. 

Les troupes britanniques se retrouvèrent néanmoins immobilisées sur la plaine de Fontenoy et privées de tout appui militaire hollandais sur l’aile gauche alliée. Voyant apparaître, vers 13 heures, les premiers renforts français conduits par Lowendal, le duc de Cumberland n’eut bientôt plus d’autre choix que d’ordonner un repli sur Vezon. Peu après 13 heures, une contre-attaque générale fut menée de façon unie par les troupes françaises ; canonnée par une batterie de quatre pièces tirant à mitraille, éperonnée sur les flancs par les assauts français et chargée de front par l’ensemble de la cavalerie française et les prestigieux corps de la Maison du roi, la colonne britannique n’eut d’autre choix qu’un rapide repli, mené cependant avec ordre et méthode

Après la victoire de Fontenoy, les troupes du roi de France s’emparèrent aisément de la ville de Tournai et en seulement deux années conquirent l’ensemble des Pays-Bas autrichiens.

Le rôle du tambour

Tambour français, ancien régime

Le rôle des tambours servit essentiellement à la coordination du mouvement des soldats.
« Il y a trois façons de commander les exercices ; à la voix, au son de la caisse et à la muette. » Pour être plus précis, la transmission des ordres peut se faire : par la voix du major associée aux signaux qu’il fait avec sa canne ou son épée ; par les batteries de tambours dirigées aussi par les signaux du major ; et enfin la muette, exprimant le fait que ce sont uniquement les signaux qui indiquent les commandements, les tambours ne marquant que le début ou la fin de l’exécution d’un ordre.
Contrairement à ce que l’on pense généralement, sur le champ de bataille du 18e siècle ce n’est pas le son des tambours qui règle les manœuvres, mais bien la voix et surtout les signaux des majors. Les tambours ne servent qu’à indiquer le début et la fin d’une action, comme le feu ou pour accompagner la charge.

La légende

Trois jeunes tambours se seraient égarés lors d’une bataille à cause d’un épais brouillard qui recouvrit le champ de bataille. Ils cessèrent de jouer et se replièrent.

Ne sachant où se diriger, ils restèrent ensemble, marchant dans le brouillard de plus en plus épais au risque de voir l’ennemi surgir soudainement devant eux. Ils marchèrent ainsi à l’aveuglette se tenant les uns aux autres, mettant prudemment un pied devant l’autre. Ils entendaient des cris, les armes tirer, le canon gronder à quelques mètres d’eux sans pouvoir voir ce qu’il se passait .

Au bout d’une demi heure de marche aveugle, ils atteignirent des rochers et fatigués par la peur et l’anxiété, ils s’assirent pour reprendre leur souffle.

Puis le silence s’établit. La nuit tombait. Ils s’endormirent. Ils furent réveillés par des voix. Le ciel était vide de brouillard et de belles étoiles brillaient. La lune, leur complice, éclairait de sa belle lueur ce qui était un champ. Pas de morts, pas de cadavres. Les trois garçons se regardèrent :

– Mais où sommes-nous donc arrivés ?

C’est alors qu’une escorte ennemie les encercla :

– Rendez-vous ! La bataille est finie. Au nom du roi d’Autriche !

Le plus jeune tambour s’enquit :

– Je suis tambour et mon père est le roi d’Angleterre.

Il fut conduit avec ses compagnons après du roi et rencontra Marie-Thérèse, la princesse royale. Le jeune prince courageux repoussa une alliance avec elle et son pays. 

La légende et la chanson venaient de voir le jour.

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