Double sonnet désolant d’un sans dent descendant l’escalier des songes – Henri merle

Le croque-mort joufflu se goinfre de colchiques

Triste piano peinant sous des doigts béotiens

Médor lève la patte, il boite, ah pauvre chien !

Aux bâfreurs la baguette, aux claque-dents la trique !

Ô joviaux Jivaros, gentils coupeurs de têtes

Olga qui tant clopa dorlote ses poumons

Un mille-pattes obèse a écrasé Raymond

Le barbare barbu se prend pour un athlète

Un flic pensait, poussif, surmenant son cerveau

Au fond de l’encrier, pêchons le dernier mot

Dans la ville en sommeil où veille un gobe-lune

Depuis la nuit des temps des cocus voient le jour

J’ai cassé mon cochon, j’ai point trouvé de tunes…

Dieu sait-il si le marbre, aux morts, parle d’amour ?

L’assassin se rasait chantant un vieux cantique

Pour les anges si doux, les anges musiciens

Au fond des bois le loup, serein, digère bien

Quand le père Seguin pleure sa vieille bique

De mon père Z’aux Cieux je porte la casquette

Tout finit sous la terre, aussi par des chansons

J’embrasserais Joséphine à l’ombre d’un buisson

Chacun croit que l’amour remplume l’alouette

A la claire fontaine on te fait payer l’eau

Le satyre oiseleur nous montre son moineau

Allo, allo le ciel ? je n’ai plus de rime en une !

A la troisième taupe il est l’heure du labour

On voit trop de crétins pérorant aux tribunes

Un aveugle a braillé dans le noir au secours.

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