LA RÉVÈLATION – Françoise Salat-Dufal


Voilà, une évidence, il faut que je me confesse, que j’avoue tout, tant pis si quelques personnes me rayent de leur liste d’amis ; faites ce que vous voulez, mais pas de premières pierres ; Parlez dans mon dos, sport pratiqué ici… Et pour les plus lettrés, vouez-moi aux Gémonies…
Personne ne va plus à confesse depuis longtemps, on se confesse désormais, entre soi, devant Dieu et on se pardonne. La dernière fois, où je me suis rendue, dans le confessionnal, agenouillée sur le bois, que la fenêtre grillagée s’est ouverte, ça s’est mal terminé. Non, je n’ai pas agressé, le beau prêtre, grand et bien pris, noble qui plus est, avec des propriétés familiales dans une ville de pèlerinage. Bien sûr je me souviens de son nom. Bien sûr je ne le dirai pas. Il nous avait appris, les jeudis, et pendant les vacances, à jouer au poker avec des dés. Oui des dés, et pas avec Dédé… Car, Dédé, il habitait à Paulhaguet.
Bénissez-moi, Mon père, car j’ai péché. Toujours difficile d’écrire le mot péché, surtout ne pas écrire, comme pêché à la ligne… ça n’aurait plus de sens. Déjà que la confession à un humain, qui peut-être péchait tant et plus… Je connais une bonne blague à ce sujet, mais bon, une autre fois. Et puis, ça pourrait vous choquer, comme vous me voyez là, je l’ai même racontée à la fin de banquet, devant quelques belles grenouilles de bénitier…
En l’occurrence, ce curé là, ce n’était pas le cas, c’était comme on dit un saint homme, et même un saint bel-homme en soutane. Je parie qu’un de ses frères servait dans la Marine, comme dans les grandes familles… Qu’un autre frère, portait la robe de magistrat et avait marié la fille d’un préfet. Une sœur nonne ? Tandis que dans mon arbre prolétaire, soit journalier, soit journalier, et pour les filles même pas pubères, placées pour aider une fermière qui procréait chaque année, non je n’ai pas pensé « pondait »… Mon aïeule mystérieuse préférée, elle se nomme Elizabeth, domestique… Sans naissance, sans décès, sans histoire, sauf l’abandon de son enfançon frais du jour… Mais oui, j’en ai déjà parlé maintes fois, la mère de Jean Louis Zelindor…. J’ai tellement de trucs à écrire, qu’il me faudra bien encore une trentaine d’années, au moins… Merci Covid et Cie de m’oublier dans ma terre de solitude…
Oui ! Non, ce n’est pas la fois, où j’ai traité bien fort, de con, mon patron, dans son hall d’exposition, plein de clients tant qu’à faire… Je n’ai aucun mérite, il venait de me le balancer lui-même, je le lui ai retourné son adjectif qualificatif dépréciatif. Bizarrement, Pourquoi m’a-t-il licenciée peu après ? Il m’a remis ma lettre de licenciement, un vendredi à midi. Généreux, il me dispensait de préavis… surtout il ne voulait plus me voir. Le lundi, je me repointais innocemment. Sa tête, quand il m’a bégayé dessus en hurlant :
– Mais, mais, je-je vou-vous z-ai-zai do-donné une lettre de de de li-li-cenciement ven-ven-dredi à mi-midi…
Ne jamais mentir est ma devise :
-Oui, Monsieur, vous m’avez bien donné une enveloppe, et y avait rien dedans… Elle était vide.
Ben quoi ? C’était possible ! Il me l’envoya en LRAR. Le temps que j’aille la chercher, je passais quelques journées, dans un hall, sans lumière, sans chauffage, sans travail, sans que les autres salariés m’adressent la parole ; ce que j’ai pu m’em-ennuyer. Le cœur léger d’em-ennuyer un patron… Ben quoi, si je vous dis que mon arbre est prolétaire… Et voilà pourquoi, j’ai deux lettres de licenciement, en original, avec la même faute d’orthographe…
À Suivre… ou pas ?

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