Ode à la suffisance – Jo Cassen


Jaloux de leurs lauriers, prodiguant le mépris,
Ils sont assurément de verveux beaux-esprits ;
Ce sont d’étranges gens à morgue solennelle,
Qui se gaussent toujours d’un talent étranger.
Ils quêtent le moyen simple de déranger,
Critiquent à l’envi l’art du polichinelle.
Du comment le flétrir en jouant raisonneur ?
Peut-être conforter d’une main paternelle :
La pitié canonique est compassionnelle !
Mais il sied d’éreinter pour salir un honneur.
On ne saura jamais la sombre médisance,
Sous le fard nul ne voit la vulgaire nuisance.
L’insinuation est un piège infernal,
Le traquenard ourdi par une âme perfide ;
La honte de l’auteur, le méfait cardinal,
Le somptueux sachant à la langue bifide
Promène son « savoir » sur la cour des aigris,
Il convainc les chétifs, parfois un boniface,
Ou l’envieux sans gloire aux rêves rabougris,
Le nostalgique affreux du temps du vert-de-gris ;
Mais il s’enfuit penaud de peur du face-à-face.

« Mes Pauvres fééries »

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