Pascal Depresle – Parce qu’on vit en bas

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Au pire
On tire deux trois lattes
En silence
Quand il fait froid
Quand il fait chaud.
Elle se raconte
Me dit la vie
Me dit le manque
Me dit l’absence du manque
Me dit les journées tragiques
Me dit les bonheurs.
Je ne dis rien
Je respire en silence
J’attends qu’elle reprenne souffle
Ne pas rompre le fil.
Quand il fait chaud
Quand il fait froid
En silence
On tire deux trois lattes
Au pire.
Alors on plonge nos ombres
A gué
Dans les caniveaux
Qui meurent de soif
Qui dessinent
Serpentent
Ruelles de fleuves
Quand le temps le permet.
Puis
Quand on n’a que ça
A foutre
On s’invective
On s’éjacule de verbes à grands jets de petits riens
On en déterre à droite à gauche
On défiscalise nos rires à coups de mots choisis
On tape aux portes de nos paradis
On frappe aux fenêtres de nos croyances
On cherche une ombre furtive.
Personne n’ouvre jamais.
Là elle fustige les réseaux sociaux
Jérusalem est à Paris
Sur la toile aussi
Dit-elle dans un éclat de rire
Ce doit être ça la mondialisation
Pour une fois que je comprends
On joue
Rien qu’entre nous
A faire semblant de ne pas voir le monde
Communion dans l’absurde
Pour ne pas dire
Pour ne pas s’avouer
Pour ne pas dévoiler
Des frissons transparences
Qui nous collent à la peau.
Alors
Juste avant l’au revoir
Déchirure
Qu’on ne dira jamais
On tire deux trois lattes
En silence
Puisqu’au final
On sait qu’en haut
Tout nous sera pardonné.
Pas comme au bistrot du coin
Où c’est toujours notre faute.
Parce qu’on vit en bas.

Photo Nesa


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