Destin de femme : Paule Minck, féministe, socialiste et figure de la Commune de Paris, par Carmen Montet

Paule MINCK ou (Mink)1839-1901, Femme de lettres, communarde et féministe

Adèle Paulina Mekarska nait le 9 novembre 1839 à Clermont-Ferrand dans une famille aristocratique puisque son père, Jean Nepomucène Mekarski est un conte polonais. Sa mère Jeanne Blanche Cornélie Delaperrierre serait elle issue d’une famille de comédiens.

Dès la fin des années 1860 son engagement passionnée pour le socialisme révolutionnaire et le féminisme la pousse à s’installer à Paris où elle fonde la Société fraternelle de l’ouvrière, une organisation féministe et révolutionnaire de tendance mutualiste et devient un membre influent de l’Association internationale des travailleurs où elle prend régulièrement la parole lors de conférences pour y défendre non seulement le droit des femmes à travailler et aussi l’égalité salariale pour les ouvrières.

En 1869, elle publie Les mouches et les araignées, un journal rapidement censuré, dans lequel elle compare Napoléon III à une araignée dévorant le peuple (les mouches). Car au delà de ses idées qu’elle partage avec les anarchistes, les blanquistes ou encore les guesdistes c’est surtout l’ennemie déclarée de tout pouvoir. ses nombreuses interventions lors de manifestations publiques ou privées lui valurent bien des désagréments de la part du pouvoir en place. Pour autant elle continua à défendre ses idées féministes et son refus de l’exploitation avec une force et un courage sans faille.

Lors de la guerre Franco-allemande de 1870 elle participe à la défense de la ville D’Auxerre dans l’Yonne mais refuse la légion d’honneur qu’on lui offre pour son patriotisme et son courage.

En mars 1871 elle rentre à Paris et le 18 mars prend fait et cause pour l’insurrection parisienne à l’origine de la Commune de Paris. Durant  » cette révolution prolétarienne  » elle défend ses idées socialistes et féministes par le biais de discours ou de textes. Par chance, n’étant pas sur Paris du 21 mai au 28 mai elle échappe à la semaine sanglante et l’écrasement sans pitié de la Commune par le gouvernement Thiers.

Cachée dans une locomotive selon la légende, elle rejoint alors la Suisse et est condamnée par contumace à la déportation à vie en Nouvelle-Calédonie. Entre 1871 et 1880, elle vit très pauvrement en Suisse romande, notamment à Genève, survivant grâce à des travaux d’aiguille et des leçons particulières tout en écrivant pour des journaux.

Recherchée pour ses activités lors de la Commune elle rejoint la Suisse cachée à bord d’une locomotive et c’est par contumace que le pouvoir la condamne à la déportation en Nouvelle Calédonie. Pour survivre en Suisse elle est contrainte de donner des leçons particulières, de faire des travaux d’aiguilles. Elle continue cependant à écrire dans les journaux.

En 1880, une fois amnistiée par le gouvernement français elle rentre en France et reprend son activisme féministe et socialiste. Elle écrit plusieurs articles le journal  »  Le socialiste des Pyrénées-Orientales qu’elle a créé et dont elle est la rédactrice en cheffe. Lors des différents Congrès du Parti ouvrier Français ou elle milite encore et toujours pour le droit des femmes et notamment celui d’un droit égal à l’instruction dont beaucoup de femmes sont encore exclues.

En 1881, elle est emprisonnée et menacée d‘expulsion pour avoir soutenu la nihiliste russe Guessia Helfman

En 1883, elle se porte candidate aux élections municipales à Paris au sein du groupe féministe La solidarité des femmes, une candidature qui n’a pourtant aucune chance d’aboutir les femmes n’ayant pas le droit ni de voter ni même de se présenter à une fonction politique !

En 1893, d’abord partie prenante du bras de fer entre les syndicalistes de la Bourse du Travail de Paris et le Gouvernement, elle est ensuite condamnée à Lille pour « outrage à agents », pour ses activités d’agitatrice comme membre du Comité de la grève générale dans le bassin houiller.

Le 28 avril 1901, Paule Minck s’éteint ans la pauvreté mais ses obsèques coïncidant avec le 1er mai donne lieu à des funérailles tumultueuses car le Paris révolutionnaire ne l’a pas oubliée et lui offre pour son dernier adieu drapeau rouge, Internationale et CarmagnoIe, suivis de discours enflammés sur la Commune et l’émancipation de la femme. De nombreux heurts avec la police auront d’ailleurs lieu sur le parcours au Pere Lachaise.

Souvent caractérisée par son indépendance doctrinale, Paule Minck mélange un anarchisme antiautoritaire et antiétatique à un humanitarisme fondé sur le constat de la paupérisation des ouvrier.ère.s dans le sillage de la révolution industrielle. 

sources  :wikipédia-100elles – ch-menil.info.la Commune – commune1871.org

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