Jacques RAULET – Le coup de coeur musical de pierre Thévenin

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Jacques RAULET

Histoires d’artistes

Au lapin agile

Ode à un vieux comédien

Un cha-cha-cha

Y a tous les copains qui t’écoutent

Les roses rouges

O Brasil

13 novembre

Le brasier

Sous les tilleuls

Rumba du Grand Hôtel

Chanson pour Jo

Je l’avais suivie sur la Butte

Le rideau noir

Ainsi que le suggère le titre, cet album est une balade à travers chants où l’on trouve également des danseurs, surtout des danseuses, des peintres, un sculpteur.

Ça commence sur la Butte, au « Lapin Agile « , le plus ancien cabaret (qui existe toujours si j’en crois Internet) dont l’enseigne est un lapin créé par le caricaturiste André Gill.

Bruant en fut le taulier à partir de 1913. Sur la couverture du livret, on peut voir Jacques Raulet coiffé d’un chapeau et portant une écharpe marron. Celle de Bruant était rouge mais ça ne change rien.

Entre autres célébrités qui ont hanté ce haut ieu de la bohème, il y a Picasso, Mac Orlan, Max Jacob et tant d’autres, notamment un certain Brassens à qui est dédié un couplet entier : le tonton Georges des débuts :

« Mais avant dis-moi quel est cet ostrogoth

Qui empoigne sa guitare comme un fagot ?

Quel est ce moustachu

Qui de sueur dégouline ?

Il a peur, ça se voit sur sa bobine

Sur celui-là – c’est sûr ! – tu n’miserais pas un rond ».

Il faut dire que Jacques interprète régulièrement le Sétois. Il participe même au célèbre festival de Vaison-la-Romaine. L’ultime chanson du CD, « Le rideau noir » est dédiée à Jean-Marc Dermesropian, un brassensophile habitué du festival, par ailleurs remarquable guitariste.

Jacques aussi « gratte » en virtuose, on le voit sur une photo incluse dans le livret qui accompagne Corine (voir coup de cœur du mois dernier) pour une chanson dédiée à ladite Corine : «Y a tous les copains qui t’écoutent ». Du reste « la musique c’est de l’amour ! »

Notons qu’il partage avec Corine l’accordéoniste Jacques Bolognesi.

On sait depuis son album précédent que notre musicien a une prédilection pour les rythmes exotiques. Cela se confirme : « Rumba », « O Brasil », « Un cha-cha-cha » (une musique d’origine cubaine).

Mais on peut se demander ce que le 13 novembre vient faire dans ces « Histoires d’artistes ». Le sujet n’est pas facile à rendre de manière poétique, surtout l’on n’a pas lu « Zadig et Voltaire », comme Frédéric Lefebvre, auteur oubliable du texte intitulé « Hymne à un déchirant novembre »

(qui se trouve toujours sur Internet, j’ai vérifié). Au moins, il ne pouvait pas faire pire et il a fait cent fois mieux.

Pendant que les fous d’Allah s’approchent à grande vitesse,

« C ‘était dans une chambre

Rue Folie-Méricourt

Une nuit de novembre

À l’heure de l’amour

À cette heure où s’enlacent

Les amants les plus fous »

Dans un autre couplet la très belle rime « Chambre » et « cambre ». Tout repose donc sur le contraste entre les assassins et les deux amants qui se perdent en voluptés ou bien les artistes (nous y voilà) attablés dans un bar échangeant les nouvelles de la « boutique » :

« on parlait des copains

De celui qui avait décroché un beau contrat ».

Car elle n’est pas toujours aisée, la vie d’artiste : on est contraint parfois de se vendre à des voyageurs friqués en quête de folklore :

« Ceux qui débarquent en touristes

Sur la Butt’ pour faire la bamboche !

Toi tu galères ! Tu es l’Artiste »

Si un certain nombre de créateurs, on l’a vu dans les premiers titres, sont nommément désignés, là on a affaire à un archétype avec un A majuscule. À noter un très beau vers :

« Si le verbe te pousse dru ».

On trouve un certain nombre de clins d’œil à des chanteurs autres que Brassens : Brel (« Le brasier » ). Lorsqu’il passera l’arme à gauche, il voudrait

« que (ses) vieux copains de la Mistoufle

En musique se chargent de (son) corps «.

« Qu’on fasse venir sur la plage

Un grand piano -noir ! C’est l’usage !

Quand s’y mireront les étoiles

Vous pourrez commencer le bal ».

Souvenez-vous :

« J’veux qu’on rie, j’veux qu’on danse

Quand c’est qu’on me mettra dans le trou ».

Ou encore Berthe Silva, même si les fleurs, ainsi que le foulard mentionné au début de ce coup de cœur, a changé de teinte : elles ne sont plus blanches mais rouges. Ceci dit, le vers placé en exergue ne laisse aucun doute :

« C’est aujourd’hui dimanche ».

Il faut dire que la Faucheuse est très présente dans les derniers titres :

« Ce rideau noir, c’est le drapeau

De ceux qui arpentent les tréteaux..

…Qui sait? Si c’était la dernière ».

Rappelons la chanson titre de son premier album :

« Si je devais partir demain… ».

Mais qu’on se rassure, c’est pas encore la veille, bon Dieu, de ses adieux ! :

« Ce n’est pas qu’il me tarde

D’être fauché par la Camarde ».

Pour nous non plus il n’y a aucune urgence. On espère encore bien d’autres concerts et enregistrements de ce tonneau.

Je vous souhaite une belle écoute si vous commandez ces « Histoires d’artistes » à

jacques_raulet@orange.fr

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