Le cinéma de Philippe Guillaume : JOHN WAYNE ET LES INDIENS

Un lecteur du Dix vins blog, que je crois par ailleurs bien connaître , m’a récemment posé la question suivante:  » Combien John Wayne a-t-il tué d’indiens dans ses westerns ? Bien qu’il s’agisse là d’un clin d’oeil de la part d’un ami qui ironise gentiment sur mon goût pour le western et la passion que je nourris pour le  » Duke « , je vais tenter d’y répondre.

Pourquoi John Wayne plutôt que Randolph Scott, Audie Murphy, Alan Ladd ou d’autres célèbres  » westerners « qui s’illustrèrent dans les guerres indiennes ?  Sans doute parce que sa figure est emblématique du genre et plus encore de l’Amérique conservatrice et sûre d’elle-même.

Dans la réalité le Duke ne tua jamais personne !  Alors que la majorité de ses copains d’ Hollywood s’engagèrent dans l’armée, il réussit à se défiler et préféra combattre les Japonais au cinéma.

Ce  qui lui valut cette remarque vacharde de  » l ‘amiral  » John Ford sur le plateau des  » Sacrifiés « :  » Duke, tu ne peux pas réussir au moins un salut qui donne l’impression que tu as été dans l’armée ? « . Il tua, alors, sur l’écran, un grand nombre de Japonais ( mais l’intrinsèque méchanceté de ces kamikazes fanatiques n’avait pas encore été remise en question par Clint Eastwood et ses  » Lettres d’Iwo Jima « !! ). Il tua également à Fort Alamo un grand nombre de Mexicains fanatisés par l’ignoble dictateur Santa Anna avant qu’ils finissent par avoir sa peau !

 Et les indiens ? Le navajo Billy Yellow, silhouette indienne présente dans tous les films que Ford tourna à Monument Valley ,témoigne:  » John Wayne avait le sens de l’humour, c’était un bon gars, on l’aimait beaucoup « .

Dans  » Fort Apache  » Kirby Yorke, grand connaisseur de la culture indienne, respecté par Cochise, tente de freiner la mégalomanie et les ambitions criminelles de son officier supérieur. Nathan Brittles, à quelques jours de la retraite, fume le calumet et égrène des souvenirs avec le vieux chef tout en pestant contre la jeune génération belliciste, et  » La charge héroïque  » titre français idiot de ce beau  » She wore a yellow ribbon » se réduit à une traversée nocturne du village indien jouant sur la surprise et la peur pour semer la panique et limiter les dégâts. Et si Hondo Lane dans le western de John Farrow affronte en combat singulier le renégat Silva c’est que celui-ci a compromis la paix en  assassinant le valeureux et noble chef Apache Vittoro, père de l’épouse d’Hondo.

Certes il y eut le complexe et tourmenté Ethan Edwards  de  » La prisonnière du désert  » mais je tomberai d’accord avec Jacques Lourcelles pour dire que  » si sa soif de vengeance le pousse à haïr la race indienne on le sent plus proche des indiens que des blancs « .                         

Pour finir, à la question  » Combien John Wayne a-t-il tué d’indiens  » il me semble plus  juste de substituer celle ci :  » Comment s’arrange-t-il chaque fois pour en tuer le moins possible ?

3 commentaires

      1. Avec le père, une fois gamin, on ne visionnait que ça en tv. Plus les films de guerre. D’ailleurs c’était ça ou rien … hohoho. Et en noir et blanc svp via un poste à lampes et une antenne sur le toit !!!

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