LES GOGUETTES EN TRIO MAIS À QUATRE le coup de coeur musical de Pierre Thevenin

Le temps béni de la pandémie

On n’a rien vu venir

T’as voulu voir le salon

La guerre du coronavirus

Le battement d’ailes du pangolin

Message personnel

Drope-moi un mail ASAP

Utile ?

Ça balance pas mal

Happy Collapse

Macron in the sky with diamonds

O postillons maudits

C’était le 19 août 2O17. Je vous présentais le premier album de nos joyeux luron(ne)s. Entre 2O17 et « le temps béni de la pandémie », ils ont enregistré un autre CD dont je vous parlerai dans quelque temps. Non que ce deuxième opus soit négligeable, très loin s’en faut, mais j’entends donner la priorité à l’actualité plutôt qu’à la chronologie.

Vous me direz que le confinement est en principe derrière nous mais il risque bien de revenir en force et il n’a pas disparu pour tout le monde. Demandez aux restaurateurs … et aux artistes.

On retrouve la même subtilité délirante que sur le disque de 2017. Pince sans rire comme pas 8, ces quatre-là (dont je rappelle les noms : Aurélien Merle, Stan, Valentin Vander et Céline Monnier) sont véritablement des grands, de très grands humoristes et nombre de guignols qui jouent les amuseurs peuvent aller se rhabiller.

Toutes ces goguettes ont à voir, bien sûr, avec le virus. Et les chansons choisies pour être pastichées le sont judicieusement. On retrouve Brel avec le rythme endiablé de « Vesoul » :

« T’a voulu voir la chambre

Et on a u la chambre …

J’ai voulu voir ARTE

J’ai vu Christophe Barbier »

« T’as voulu voir le salon « .

Comme ils n’ont pas de piano à bretelles, on peut entendre au moment opportun :

« Chauffe … personne ».

Ils n’ont emprunté que des musiques connues. Il y a même un titre en anglais, « Macron in rhe sky with diamonds  » : d’après la fameuse Lucy des Beatles qui a donné son prénom, par Yves Coppens et son équipe interposés, à notre lointaine ancêtre. Notre Président en prend véritablement pour son grade :

« À quoi pense un Macron

Quand il est désoeuvré ?’

(« Utile ?»), d’après Julien Clerc.

Ils ont conservé certains titres mais en leur donnant une orientation, voire un sens différent. Par exemple « Ça balance pas mal » où il n’est plus question de de se trémousser mais de délation, de dénonciation des voisins qui ne respectent pas les gestes barrières. Dans « La guerre du coronavirus », ils ont repris les quatre premiers vers. Et, bien sûr, chanté avec le ton martial qui convient mais surtout pas en imitant la voix du Sétois.

Ils dézinguent nos dirigeants et également le franglais cher à nos technocrates. Quoi de mieux pour ce faire que Boris Vian et sa « Complainte du progrès » ? Entre autres exemple de jargon, on entend :

« S’il y a un gap

Tu me dropes un mail ASAP

Il me faut ton feedback

Pour focusser l’impact ».

(« Drope-moi un mail ASAP »)

Si vous ne comprenez pas, faites comme moi, allez voir sur Internet.

Dans « Happy Collpase », ils ont transposé leur décomplexion à l’époque actuelle, finalement comme le faisait Marie-Paule Belle. Dans leur monde d’avant, on était écolo en paroles, beaucoup moins en actes. Maintenant, ils y vont franco, jusqu’à l’absurde :

« Et puis pour la pollution

Je prends l’avion , je prends l’avion

Je fais des Orly-Roissy

Avec escale à Bali ».

Je n’en finirais pas d’énumérer leurs trouvailles désopilantes. Allez, une petite dernière pour la route :

« Oui même si tu tombes au chômage partiel

Ne crois pas que je serai infidèle

Je t’aimerai comme Patrick aime Isabelle

Et Filon le blé ».

Comme l’enregistrement, contrairement aux deux précédents, n’a pu être réalisé en public, il y a, avant presque tous les textes, sur le livret, quelques mots de présentation qui, en plus de nous mettre l’eau à la bouche, permettent de dater les chansons : entre le 21 décembre 2019 et le 18 mai 2020.

Je n’ai pas encore parlé de « O postillons maudits » qui a une place à part dans l’album. Il n’y a pas de musique. On a affaire à un dialogue en alexandrins qui pourrait être, dans la forme et l’esprit, de Racine ou de Corneille (les postillons tels qu’ils devraient être ou tels qu’ils sont : anodins ou vecteurs de virus).

Bref, pour notre plus grand bonheur, le quatuor s’est bien amusé. S’ il finit sur une note d’amertume, ce sont bien les seuls : »

« Puisque dorénavant pour conjurer la peur

Le spectacle vivant se joue sans spectateurs ».

Patience, ça va revenir quand la Grosse Tête, Bachelot, aura fini de gesticuler dans le vide. En attendant ce jour, rendez-vous chez votre disquaire … avant qu’il ne ferme boutique (on n’est jamais trop prudent).

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