Michel Boutet, le coup de coeur musical de Pierre Thevenin

On la joue piano

Mayence

La p’tite fille du 5°

Le Guinche Bar

Leïna

Au bout de son chagrin

Papier tue-mouches

Partie loin

Saturne

Le silence du fleuve

Pleurs d’oignon

L’accordéon qui joue dans « Amsterdam »

Boule qui roule

Michel Boutet est loin d’être un inconnu pour vous qui lisez assidûment Le Dix Vins Blog. Pour ce nouvel album, il a choisi une formule dépouillée ( ainsi que l’indique le titre, son pianiste se nommant Jacques Montembault et lui-même assurant l’accompagnement à la guitare ). Non que dans les précédents opus les instruments aient couvert sa voix mais là elle est encore plus en avant, et c’est tant mieux car elle est belle, expressive, bien posée et et souvent douce comme une caresse, à fleur de lèvres, mais aussi quelquefois swinguante (dans « Pleurs d’oignon« qui fait partie des reprises. Il y en a 5 autres : « Mayence », « Leïna », « Papier tue-mouches », « Partie loin », « Le silence du fleuve », « L’accordéon qui joue dans « Amsterdam ») et il est intéressant de comparer l’atmosphère avec celle des enregistrements précédents. Comme reprise, il y a également « Saturne », de qui vous savez, interprété avec une sobriété émouvante.

Et puisqu’on en est aux références, on trouve aussi un coucou au grand Jacques, un à Aragon/Ferré :

« L’artilleur de Mayence »

Un à Aragon/Ferrat (toujours dans « ,Mayence ») :

« J’t’emmène au bout de mon âge ».

Enfin un deuxième à tonton Georges, encore une fois dans « L’accordéon qui joue dans Amsterdam » :

« Pour faire danser Brave Margot ».

Les chansons sont empreintes de mélancolie (témoin la magnifique berceuse « Leïna) mais l’espoir demeure le plus souvent à condition de ne pas laisser passer les occasions, ainsi que le lui a dit L’artilleur de Mayence, encore lui :

« Si tu t’méfies d’la chance

T’arrives, il est trop tard «

On trouve de la beauté même dans des lieux glauques, interlopes, comme au « Guinche Bar » ( vous pensez à Gainsbarre ? Lui aussi certainement. Encore une manière de clin d’œil ) :

« Une fille belle comme faut pas

Habillée d’courant d’air

Et d’un foulard indien

Pose ses yeux lilas

Sur un danseur précaire »

Le « silence du fleuve » ne devrait pas avoir le dernier mot. Car la mort n’est rien , celle de l’être aimé (« Partie loin » : elle va revenir, elle a laissé ses affaires) où même sa disparition à lui ?

« Dis, comment ce s’ra

Quand je s’rai mort ?…

Si ma belle est toujours là

« J’veux bien rester encore un peu. »

Indépendamment de la mort, il arrive que le destin ou Dieu ou qui vous voulez mette fin à une belle histoire et que l’on aille « Au bout de son chagrin » sans espoir de consolation. C’est à peu près la seule chanson qui puisse apparaître comme un coup de gueule : « Pas sûr que je pardonne ». Enfin, à peu près la seule puisque l’on peut dire la même chose des deux textes qui parlent de l’enfance :

Les gosses, par curiosité, pour mieux observer les insectes s’approchent du « Papier tue-mouches » et se retrouvent englués dans les normes fixées par les adultes. Ceux qui refusent, en mettant, par exemple, le feu aux cheveux de leur poupée comme « La petite fille du 5° », on les enferme.

En tout cas merci, Michel, pour ces moments d’émotion et rendez-vous au prochain album. Bientôt, j’espère.

Pour vous procurer celui-ci, www.michel-boutet.com. Il y a un bon commande à télécharger.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s