» Paris at minight  » de woody Allen ( 2011 ) et « La dernière fois que j’ai vu Paris » de Richard Brooks » (1955 )

Woody Allen

La dernière fois que j’ai vu Paris c’était dans le dernier film de Woody Allen, quand, à minuit, la ville redevenait la fête célébrée par Hemingway dans un recueil de souvenirs rattaché doublement au royaume des ombres du fait de sa publication posthume. Woody ajoutait son nom à la longue liste des  » américains à Paris  » et, imitant Sacha Guitry, faisait défiler quelques figures hautes en couleur de la  » génération perdue « .

Hemingway, les Fitzgerald, mais aussi Dali, Picasso, Bunuel, immédiatement identifiables pour que leur soit restituée la part de vérité qu’avait estompée la connaissance purement livresque que nous avions de leur légende.                          

En 1955,le Paris vers lequel, dans un beau flash-back, nous entraîne l’ex GI Charles Wills doit plus à la mémoire qu’au fantasme.

Les admirateurs de Brooks, déçus, jugeaient la génération perdue anachronique et dépassée. Elle l’était d’autant plus en 1978 quand, avec trois avant-gardes et deux après -guerres de retard, je débarquais dans la capitale.

Mais, si Woody m’avait indiqué l’endroit où les fantômes viennent à notre rencontre, j’aurais pu surprendre ce qu’Hemingway murmure à l’oreille de Gary Cooper sur la photo que j’ai punaisée sur mon mur, et je lui en aurais été redevable pour la vie. Quoi qu’ en pensât Richard Brooks son film est un beau mélo.

 » L’histoire ne tient pas, ce n’est ni du Fitzgerald ni quoi que ce soit d’autre « . Alors oublions l’histoire et isolons ces moments dont nous parle si bien Hélène ( Liz Taylor ),elle qui  » voulait s’amuser chaque jour comme si c’était le dernier dans une vie qui ne serait faite que de dernier jour, à part le fait que dans la réalité il n’y aurait pas de dernier jour « .

Mais le réel, comme dans tout bon mélo ( et comme dans la vie ) rattrape ces gens doués pour le bonheur au moment où ils s’y attendent le moins.                           

Couleurs pastel et veloutées, charme de la neige et de la pluie sur l’île de la cité, robe rouge trop décolletée au goût de la censure… » Auprès de ma blonde  » et ,comme de coutume, » Auld Lang Syne  » accompagnant le baiser des amants la nuit de la Saint-Sylvestre. Rien de plus couillon et de plus fort pour mesurer la fragilité des choses et l’écoulement du temps.                                   

Dans ce décor rêvé, Liz, pulpeuse et désirable, rayonne pour toujours en icône emblématique sur le mur du café » Dingho « .Du bar à cette rue de studio dont la facticité sublime le souvenir, erre la silhouette fantomatique de Charles.

Cette  » dernière fois  »  incite mille autres à revenir au moment où Hélène/Liz s’est jetée au cou d’un soldat inconnu. Rêvons avec Zelda Fitzgerald  » aux utopies où ce serait toujours le 24 Juillet 1925,éternellement le milieu de l’été « .

Libre à vous, d’inscrire la date de votre choix…  

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