Par quel amour m’aimes-tu ? – Julie Ladret ( fin )

 PAR QUEL AMOUR?

Vois-tu, il n’y a guère d’assertion plus claire,
Plus flamboyante qu’un brûle pourpoint de gemmes,
Plus géniale et têtue qu’un psaume basilaire,
Plus saint-axiome, ardent ingénu, qu’un « Je t’aime »!

Ma voix appauvrie de ses sentes profondes,
Affirme en retour sans une once faconde
« Moi aussi » dans une langue simple et vraie.
Au Cœur, la délivrance du blé de l’ivraie!

Je te le dis, au Cœur seul revient la pensée!
L’éther discontinu, dans sa cage erratique,
Est chaos sans saccage à la complexité,
Car il eut raison de la Raison céphalique.

Vois comment ma voix s’humble et se cathartise,
Dans un béant silence, s’assigne à demeure
Pour empêcher que son verbal vandalise
Le Sacro-Païen, asile de ma ferveur!

A l’écœur, je serais de ces monstres de compréhension,
Qui, sous le totem des complications, s’obliquent et s’abusent.
Haut le Vif-Cœur, capable de se soumettre à la question
Sans en trancher l’hymen épique de mes réponses abstruses.

… »Je t’aime »…

… »moi aussi »… (Ma voix)

… »Par quel amour m’aimes-tu?

Par Porneïa, mange et pénètre corps tendu!
De l’Ante-Enfer à la Dorée, indécise,
L’âme s’ouvre et s’engouffre. Cerbère, entends-tu?
Les Anges, l’Oint du Port, s’écrier de mes prises.

Par Pathos, à genoux devant mon vain trépas!
Que le Ciel de Lune se Limbe(s) d’un vœu,
Baptismale est la fosse des Justes rachats,
Mon péché abyssal te soumet aux « Je veux ».

Par Pathé Mania, qu’au vent, flotte, sans relâche,
Ma peau blanchie de gel. Sous le Ciel de Mercure,
Tu me captures morte ou vive, folle et lâche
Du lest bienfaisant au vautre de ta luxure.

/Moi aussi, par quel amour te lierai-je?
Moi aussi, par quel amour te lirai-je?/

Par Eros, que ma Psyché plaise au Dieu ailé!
Fou de mes courbes chairs, se montre sans visage
Car, fourbe est le Ciel de Vénus pour l’être aimé.
L’us du gourmand baiser contre l’aisé présage.

Par Philia, mon autre, mon vieil ami, mon frère!
J’ois les sonorités de ta sororité.
Prodigue-moi, Ciel du Soleil, ose l’éclair,
Romps la close avarice de mon vert carré.

Par Storgé, le père, le fils, l’esprit fécond!
Je suis, sur ton sein tendre, le Saint Mars du Ciel.
Ta furie trinitaire me griffe d’un nom,
Guerre et paix, une odyssée de cendre et de miel.

/Moi aussi, par quel amour t’ėcrierai-je?
Moi aussi, par quel amour t’écrirai-je?/

Par Harmonia, inspire l’impie vertueux!
Mon état de cairn engendre ton huile mer.
Réduite à la sagesse, au joug silencieux,
Je rêve d’enjamber ton Ciel de Jupiter.

Par Eunoïa, Merveille de l’abnégation!
Tu voues un culte violent à mon infirmité.
Ô Ciel, tu me panses et bien-veilles à la scansion
Des vers Saturniens, de ma rance vacuité.

Par Charis, célèbre et loue Ange sans idole
J’exulte, dans tes mains, la grâce qui se muse
Aux Myriades du Ciel, tu te joins et m’enrôles
Ô triomphe de la Foi et de la ruse.

/Moi aussi, par quel amour t’émouvrai-je?
Moi aussi, par quel amour t’aimerai-je?/

Par Agapé, Ciel Cristallin, source première
Nous, réunis en Un au Suprême du jour,
Bienheureux, le trahi qui se révèle à l’Ether
Sans atteindre l’Empyrée du Divin Amour

/…/  » (Mon Cœur)

/Au commencement était l’assourdissement…/

Ô Cœur dantesque, gréco-romain-sacro-Païen, d’où naît la lumière noire qui se révèle à elle-même, Autre.

Mille feuilles, le superposent complexe.
Au sexe, n’impose ni égards moindres ou surannés, ni réparties tranchantes ou fleuries.
Au vide, s’oppose, à ma voix vide de son
Au vide, s’oppose, à ma voie vide de sens

Cœur explose d’une turbulente prose que je déconstruis et recompose de vains alexandrins.
La prose nécessaire au canon de mon ère,
La prose nécessaire au chaos ordinaire.

Mon battant de la démesure,
Mon intrinsèque,
Mon errant inhérent,
Le Ciel est à Toi, Cristallin, Christ à l’Autre.
Trouve l’aboutissement dans l’absolu de la question,
dans l’absolue abolition de mon emphase.
Ma voix ferme, suture, inane à trancher l’ouverte extase.
Parler m’affligerait de Raison, de compréhension, d’un manque de rauque et de relief.
Mon Cœur n’est utile qu’à la Nef-Création.
De l’Entrée, pores, bouche, orbites, narines et oreilles, au Chœur.

À la Raison, son raisonnement
À mon Cœur, la résonance
À la Création, la liance entre le dedans du dehors et le dehors du dedans.

Pars, Cœur-poème, dans la souvenance
Par Cœur, peau aime et rappelle l’enfance
Souviens-moi
Que le son précéda le sens comme il le suivra,
Du sublime de la vie à la superbe de la mort,
Du vagissement au gémissement.
Souviens-moi
De l’encore et du toujours une fois,
La première fois où mon œil s’ouvrit comme une écoute, pleine, comme une lune, juteuse, comme une mangue.

Fresque demeure
Au tympan circonvolu de l’avant-savoir, de l’avant-lyre.
En tous cieux, je crois au charbonnier qui croit en sa Foi qui croît en lui et donc en moi d’un arbre généreux qu’il coupa et brûla comme une sorcière,
– Pour le charbon!
Pour l’écœurement en manque de sédiments.

Sédimentaire, ma chère raison se liquéfie, se versifie
C’est à ne rien y comprendre !
C’est tout à entendre, à sentir, à voir, à toucher, à goûter, à aimer
Je me stratifie la pensée : Je est Autre et n’a de cesse d’atteindre cette trinité étrange: Je est Autre en Nous.
Nous, l’univers
L’uni-vers
Le Vers de l’existence,
Celui qui ne s’écrit pas, ne se lit pas,
Celui qui brûle infiniment au charbon du cœur dėhiscent et aphasique.

Dehiscent et Aphasique
Taire et jaillir
La divine comédie du sort
Comme Lucifer de sa boite

Meurs céphalėe tumeur
Multiple nécrosé
J’exhorte mon aorte
De pulser l’air du cœur

Ô Pensée, singulière complexité
Sois périple, le quantique des cantiques
Sois Terre du jaillir
De l’autre côté, va, viens,
bois l’eau d’ici, pais l’au-delà

Je suis la transhumaine qui suis sa transhumance d’amours vives
D’amours vives!

/… A la fin des temps, le chuchotement,
« Bienheureux les simples d’esprit… »
Bienheureux les troublés du Cœur
« …Car le royaume des Cieux est à eux »…/

JL (tu sais-je)

Julie

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