Thierry Mathiasin – Poésie

25 Mai 2020

Il raturait des bouches
pour parler au silence,
retraçait des gestes enfouis,
le processus irréversible
des langues décomposées

Cherchait à bout de souffle
un poème à saigner dans les pierres
Un chant de terre exhumée de la poussière
Une voix étranglée de racines

Puisque la nuit n’était
plus à son dernier cortège
Des nuits, il avait adressé un vol ultime

Plus de temps à perdre avec ce qui peinait
à mourir dans le vacarme des ombres
Des grimaces de velléités
dans la distanciation funeste des masques

Il ne couchait plus qu’avec l’idée
qu’il se faisait de la présence
Témoin d’un monde où seul l’amour
Pouvait encore dire sa phrase
Inventer un récit dans la brutalité des faits
Le visage blessé où signifier son altérité
Les fragiles tentatives pour désosser la solitude

Comédien triste d’un théâtre sans personne
Rien que des bribes d’une vie d’avant
Des embryons d’après, grouillant dans des artefacts

Déviant pour éviter la fascination des miroirs
La mutation accélérée des genres jusqu’à l’extrême folie de l’invisibilité

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