STÉPHANIE LIGNON : Le coup de coeur musical de Pierre Thévenin

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STÉPHANIE LIGNON

Les seins
C’est bien joli
Mon insouciance
Mademoiselle
Le jardin de la Margrave
Tant de vent
La grande méchante louve
Collioure
Chanson simple
Femmes
Monsieur Jean-Baptiste
Au temps lointain
L’enfer
 

Aujourd’hui, c’est un coup de cœur un peu particulier. De Stéphanie Lignon, j’ai découvert cet album y a 14 ans (2006). En tout, elle a en enregistré 3. Mais je ne vous parlerai pas aujourd’hui des deux autres puisque, les temps étant ce qu’ils sont, je ne les ai pas. Ce sera pour le 3° samedi de juin.  D’autant qu’il y a déjà tellement à écrire sur celui-ci :
Absolument rien n’est à jeter dans cet opus. Les musiques ( je mets au défi quiconque a écouté une fois «  Monsieur Jean-Baptiste  » de ne pas en fredonner la mélodie sautillante ), les textes d’une grande pertinence et d’une grande qualité ( mes citations vous permettront d’en juger ), l’interprétation tout en nuances : coquine, romantique, gentiment ( enfin, presque ) cynique ou
empreinte d’une certaine gravité lorsqu’il s’agit de se prononcer sur un sujet de société tel que le féminisme (  » Femmes  » ).

En plus de tout ça, la dame joue du piano et de la guitare, mêlant ses notes à celles de David Codina-Bosch ( également piano et guitare ), Henri Serra ( basse ), Jean-Paul Sire  (accordéon boutons), Jérôme Stiegler ( batterie ), Marc Gadave ( trombone ), Masaru Ooka  (tuba ), Joël Pons ( violoncelle ) , Thomas Pernaguer ( flûte traversière ), Arthur Daygue ( clarinette ).
 

Pour entrer dans le vif du sujet, si nous commencions par  » Femmes « , le titre que j’ai mentionné ci-dessus ? C’est la seule chanson ouvertement engagée mais à vrai dire toutes revendiquent le droit de penser, de rêver, d’aimer ou de ne plus aimer ) :  » Femmes « , donc :

Femme artifice, femme ordinaire
Brûlée, battue ou condamnée
Coupable d’avoir voulu être
Fautive de vouloir exister 

C’était avant Weinstein ou Polanski mais il me semble que les choses n’avancent qu’à petits pas et que ces couplets sont, hélas, toujours plus ou moins d’actualité :

Car combien de femmes à genoux
Par leur seul souffle condamnées
Pour presque rien pour presque tout
Doivent-elles encore lutter ?

Plus précisément sur le harcèlement, disons platonique, on a «  Mademoiselle « , une jeunette abreuvée de courrier et d’invites par un vieux refoulé, un frustré dont la légitime  » A vieilli et fait une bien triste figure « . Le bonhomme se croit irrésistible parce que plutôt bien conservé mais la demoiselle interprète ça autrement :

Il est certain que vous n’avez pas une ride
Pas une trace en vous du moindre sacrifice.

Une fin de non recevoir assez cruelle. En fait, la jeune fille n’aspire qu’à se donner ( d’où la voix particulièrement sensuelle ) mais surtout pas avec ce vieux barbon.
Dans  » Monsieur Jean-Baptiste « , s’affirme aussi le droit de disposer de ses charmes mais, cette fois, envers et contre le géniteur qui refuse que sa progéniture se colle avec un bon à rien d’artiste. Qu’à cela ne tienne, elle n’en fait qu’à sa tête et surtout qu’à son cœur :
Monsieur Jean-Baptiste
Était un artiste
Il peignait de ses dix doigts
De jolis petits minois
Améthiste elle l’aimait pour ça

  » Jean-Baptiste « ,  » artiste « ,  » Améthiste  » : c’est avec la rime que les vers commencent à chanter, comme disait un autre auteur de très grand talent dont je vous ai parlé à plusieurs reprises : Gérard Morel. 

Stéphanie Lignon a une manière émouvante d’évoquer son passé : dans «  Collioure « , elle le
fait en trois étapes  d’abord au conditionnel :

Puis nous irions de par les rues
Sautant sur les pavés comme hier
De galeries d’art en vieux cafés
Nous regarderions longtemps la mer

Puis à l’imparfait ( évocation d’un temps bien révolu ) :

Toi les yeux bleus plutôt pastel
Avec tes chaussures en caoutchouc
Moi les cheveux courts plutôt rebelle
 On ne manquait jamais un rendez-vous

Amour pas oublié puisque, passant au présent de l’indicatif, elle nous donne la raison de ce retour aux sources :
Posé sur le bord de la cheminée
Maintenant que je vis où il fait froid
Quand je passe devant ce cliché
Ce monde fait écho en moi

Avant d’en venir au « Jardin de la Margrave  » qui atteint, à mes oreilles, un sommet dans cette succession de petits chefs-d’œuvre, je m’en voudrais de passer sous silence  » La grande méchante louve  » où elle joue à la femme impitoyable ( mais est-ce bien un jeu ? ) qui dit vouloir ( et pouvoir ) ne faire qu’une bouchée de tous ces jeunes prétentieux  (l’opposé de « Mademoiselle », la revanche des «  Femmes  » ) :

J’ai les dents longues et aiguisées
Des griffes rouges et acérées
Dotée d’une faim insatiable
Et d’une soif intarissable
Mon regard noir est insidieux
Ma peau fauve fait de son mieux
J’veux être riche et sans regret
Je serais vénale s’il le fallait


Ah, et puis il y a aussi le titre qui ouvre l’album,  » Les seins  » un hommage mérité à cet attribut féminin bien peu célébré et à qui elle offre une réhabilitation
Ça peut les rassurer
De se sentir aimés
De se sentir uniques
En un mot désirés
Ne plus servir d’entrée
Ne plus servir d’attraits
Comme si sous le sexe
Jamais ils n’existaient

Et puis, last but not least et comme promis,  » Le jardin de la Margrave  » avec sa divine mélodie venue du fond des âges. Une musique de troubadour, d’un romantisme sans pareil. Un merveilleux écho à «  Collioure « . La difficulté pour moi a été de choisir un passage alors que j’aimerais citer le texte tout entier :

Un jour que j’avais eu l’audace
De vous convier
Au détour du kiosque à musique
Vous m’avez trouvée
Et jamais rien ne fut plus tendre
A l’heure du premier rendez-vous
Que la caresse de vos yeux à mon cou

Merci, Stéphanie, pour cet intense moment de chanson !  Et suite au prochain coup de cœur.

Il reste quelques exemplaires disponibles que vous pouvez vous procurer en adressant un mail à :

stephanielignon@yahoo.fr

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