Joseph MOALIC – Le coup de coeur musical de Pierre Thevenin – Le coup de coeur musical de Pierre Thevenin

Joseph MOALIC

 
Camisolé (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Chanson pour Nathalie (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

L’ours au bois dormant (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Les chevaux du ponant (mus. : Didier Desmas ; interpr. : Jacques Yvart)

J’ai dû croiser Perros  (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Le cauchemar (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Joyeux Noël, ma belle (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Casino de l’éternité (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

La route de Ouagadougou (mus. et interpr. : Jacques Yvart, avec la voix de Nathalie Manceau))

Cinéma (mus. : empruntée au film : Recuerdos de la Alhambra) ; interpr. : Jacques Yvart)

Les lamentations de la mort (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

Un soir d’été (mus. et interpr. : Jacques Yvart)

L’amiculture (mus. : Jacques Yvart ; interpr. : Didier Desmas, Yves Uzureau et Jacques Yvart)

Les petits bonheurs (mus. : accordéoniste Roger Damin ; interpr. : Jacques Yvart)

La chanson de Désirée (mus. : Jacques Yvart ; interpr. : Yves Uzureau)
 
Demain, les hirondelles (2019) :
 
Demain, les hirondelles (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Le Rubicon (mus. et interpr. : Jean-Philppe Winter)

Alors chante (mus. et interpr ; : Jean-Philippe Winter)

La brocante (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

La petite valse du bonhomme de neige (mus. : Jean Custeau ; interpr. : Jean-Philippe Winter)

Mon vieux Carlos (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Étoiles dans les yeux (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Lévitation (mus.et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Mélancolies (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Cache-cache (mus. et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Un seul ami (mus.et interpr. : Jean-Philippe Winter)

Les petits cailloux (mus. : Oswald d’Andréa ; interpr. : Catherine Havel)

                                        La roulette (mus.  (Oswald d’Andréa ; interpr. : Catherine Havel)
 

Une fois n’est pas coutume, le coup de cœur de ce mois-ci est consacré à un auteur ( j’ai bien dit « auteur » et non « parolier ») dont le nom doit dire quelque chose à tous les amateurs de bonne chanson. Joseph Moalic a écrit en effet nombre d’articles dans des revues, ( comme « Les amis de Georges »). où l’on reconnaît sa patte dès la première ligne. Il a commis aussi une biographie de Maurice Fanon, la seule existante à ma connaissance.      On retrouve l’empreinte de cette plume alerte dans ces albums pour lesquels il a su s’entourer de compositeurs et d’interprètes (ils sont souvent les deux) du même acabit que lui. Les noms de Jacques Yvart et d’Oswald d’Andréa ne vous sont doute pas inconnus et peut-être celui du remarquable guitariste et chanteur Yves Uzureau non plus (il chante Brassens depuis des lustres, il l’a fait d’abord en compagnie de Bruno Granier, le petit-cousin de l’illustre Sétois, puis en solo après la disparition de celui-ci). Les autres, je les ai découverts avec bonheur. Un projet discographique était en cours avec le Québécois Custeau, hélas la camarde est passée par là en 2014.
 
Joseph Moalic parle assez peu d’amour dans ses chansons. Ou alors de manière détournée : dans « L’ours au bois dormant », : il joue à se prendre pour un plantigrade qui, ainsi que tous ses semblables, hibernerait. Et puis :

Alors, du fond des nues, Pâques carillonnant

Sonn’raient votre venue, Madame : il serait temps ».

Sauter par-dessus le Jour des Morts et l’ennui des festivités « gargantuesques ( du moins chez ceux qui en ont les moyens ) »  de fin d’année pour, le printemps revenu, trouver la princesse charmante : beau programme.       

Il faut dire que la trêve des confiseurs à la mode du 21° siècle l’horripile  et je suis entièrement d’accord avec lui: où sont les Noëls d’antan, les décembres magiques de nos cinq ans ?

D’abord le gueuleton ! Si j’en crois la télé

Les vitrines, les journaux, c’est l’passage obligé.

Eh oui, c’est ça, Noël, paraît-il, aujourd’hui

La crèche, les sabots, la messe de minuit

C’est de l’histoire ancienne !

 » Joyeux Noël, ma belle ! « 

La belle n’étant pas un humain car  l’affection s’accommode de toutes les espèces. 

       Un autre texte traite de l’amour mais, au contraire de « L’ours », en évoquant, avec une incomparable pudeur, l’absence :

J’aime bien quand tu te réveilles

Tu as des étoiles dans les yeux …

Désormais ce n’est plus pareil

Tu as refermé  les paupières

Tu as tiré le rideau sur mon ciel

Même en plein jour plus de lumières…

(« Étoiles dans les yeux »)

S’il parle de l’amitié dans « Amiculture » (très beau néologisme) ou dans  « Un seul ami » (où l’on retrouve le quadrupède de Noël), son sujet de prédilection, c’est la fuite inévitable des jours et les interrogations sur ce qui viendra après. Dame, il est encore plus vieux que votre serviteur, c’est dire !       

Dès le premier texte, « Camisolé », que j’ai cru à tort inspiré par une chanson de Gaston Couté ( où un type pompette  s’engueule avec Dieu et se rend compte à la fin que le Père en question, c’est lui-même échangeant avec son double renvoyé par la vitrine d’un marchand de vin ), il dialogue avec son reflet dans la glace.     Un dédoublement qui lui permet de se poser les grandes questions métaphysiques :

Alors, moi-même s’est marré et m’a répondu:

Dieu n’existe pas : c’est évident

La preuve, c’est que de grands esprits

Philosophes, savants à grosses têtes

Le disent et l’ont écrit

Ils l’ont même démontré.

Il se saisit de son flingue, dessoude l’intrus et … se retrouve en psychiatrie (d’où le titre). La musique du refrain est un beau clin d’œil à Salvador : « Faut rigoler, faut rigoler ... »       

Qu’y-a-t-il au-delà de nos jours ? Comment atténuer l’angoisse du grand départ ? Il propose une manière de se rassurer : normalement, ce sont les humains qui redoutent la camarde. Et si c’était l’inverse ? En poésie, tout est envisageable : si c’était la Faucheuse qui tentait de nous apprivoiser ?

« Les lamentations de la mort » :

« Je suis lasse, épuisée… N’ayez pas peur de moi

Et quand j’arriverai, écroulée de fatigue

Mais douce malgré tout, quand je viendrai pour toi

J’aurai les larmes aux yeux, à en rompre les digues

Alors, à ce moment, s’il te plaît, aide-moi

A ton dernier moment, s’il te plaît, souris-moi ».               

Il se montre très attaché à l’enfance, à cette période de tous les possibles : témoin « Chanson pour Nathalie » où la petite fille a les interrogations qui se bousculent : 

Faut-il un « H » à Nathalie ?

Où donc te mènera la vie ? Est-ce la poule ou est-ce l’œuf ?

Serai-je là au gui l’an neuf ? Faut-il craindre le croquemitaine ?

Et quel âge a le capitaine ? … Quand tu te f’ras ton opinion : le pourquoi du comment du monde,

Ne cède pas aux illusions, méfie-toi d’entrer dans le monde …

La ronde de tous les faux-semblants … Laisse-la à ceux qui pérorent

Laisse-la à ceux qui font semblant de se croire de grandes personnes

Et reste ce petit enfant qui sourit quand les cloches sonnent.

Bien sûr, on aimerait demeurer môme toute sa vie, comme Peter Pan ou le Markus du « Tambour «  de Günter Grass : 

Même quand la vie le blesse

Même quand il prend des coups

Au fond de lui reste

L’envie des 400 coups

Et même devenu grand

Même devenu « Monsieur »

Il demeure un enfant

Tout au fond de ses yeux

(« Cache-cache »).

Rien ne nous interdit, d’ailleurs, de conserver un peu d’ingénuité et de jouer notre destin à pile ou face  :

Est-ce la chance ou le hasard

Est-ce le rouge ou le noir

Il suffit d’y croir’

La chance tentez-la

Fait’s vos jeux :   tout sur la

Roulette de l’espoir

(« La roulette »)          

En ce qui concerne une éventuelle éternité, mieux vaut le pari de Pascal que le sentiment croissant, au fil de l’âge, que tout est irrémédiablement perdu. 
Il y a également quelques hommages : à la chanson en général,  à Bernard Dimey, un poète, pas un vulgaire poivrot mais « un prince de la cuite, un seigneur » (comme dit Gabin dans « Un singe en hiver ») qui a hanté tous les bars de Montmartre jusqu’à ce que  l’emporte à 50 ans sa soif (c’est le cas de le dire) de vivre (« Un soir d’été »). Ou à Duke Ellington (« Mélancolies »).                      

Notre poète sait  se montrer plein de fantaisie dans son écriture : il se délecte de jeux avec les sonorités, pour donner, par exemple,  un rythme africain à la chanson « Sur la route de Ouagadougou »: 

Sur la rou

Te de Oua

Oua ga dou

Ga dou gou

Sur la route de Ouagadougou.

Il s’amuse aussi avec la grammaire :

Et tant pis si parfois

Comme un vieux fou

Je mélange un peu tout

Choux, hiboux et cailloux 

(« Les petits cailloux »)

et avec les citations latines : de part et d’autre du Rubicon, se situent « Jacta-Est et Jacta-Ouest » : avec un mur ? ( Le Rubicon ). Mais il use de ces artifices avec parcimonie et à bon escient ( un Italien et un Arménien, s’il faut en croire Michel Audiard ).
 
Et puis, sommet d’humour, le dernier titre du premier album : « La chanson de Désirée » : on dirait d’abord une bande de salopards s’apprêtant à commettre un viol en réunion. Ensuite … Non, je ne vous en dirai pas plus, ce serait dommage de déflorer la chute.
 
Pour commander les albums : joseph.moalic@wanadoo.fr. Vous m’en direz des nouvelles

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