Le coup de coeur musical de Pierre Thevenin – Clémentine DUGUET Chansons z’osées

Introduction

Ah vous dirais-je maman

Les baisers

Tircis

Le doigt gelé

Le fait et le faire

L’invalide à la … de bois

O ma mère !

Ouvre la fenêtre

La pierreuse consciencieuse

Le roi de Bavière

Sous les palétuviers

Les plafonds

Les nuits d’une demoiselle

On ne pense qu’à ça

Montage

Pour les chansons lestes ( je n’aime pas trop le mot « paillard » que je trouve lourdingue ), il y a deux critères à considérer : parmi les innombrables œuvres du genre, d’une part choisir celles qui vous conviennent le mieux et d’autre part savoir les interpréter. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, Clémentine Duguet fait incontestablement un sans faute :

D’autres ont repris des chansons appartenant à ce répertoire, par exemple Colette Renard et les Frères Jacques. Entre la première nommée et Clémentine, on trouve 4 chansons en commun (« Ah ! Vous dirais-je, maman », « Le doigt gelé », « Le fait et le faire » et « Les nuits d’une demoiselle »). Avec le quatuor en collants, il n’y en a aucune. En effet, on voit ( et surtout on entend ) mal Clémentine chanter « La digue du cul » ou « Tape ta pine ». Ce qui ne l’empêche pas de parler de cul dans d’autres contextes. Quant à l’autre vocable frèresjacquien, vous pouvez voir ci-dessus qu’il y a des points de suspension à la place , comme dans  » La P… respectueuse  » de Sartre. Non que notre amie veuille jouer les chochottes. C’est plutôt une manière mutine de se foutre de la poire des bien pensants, de ceux qui avaient « le sens commun » avant la lettre et bien avant Fillon.

Venons-en à l’interprétation : Clémentine possède une voix magnifique dont, apparemment, elle fait ce qu’elle veut, y compris folâtrer dans les aigus avec une aisance déconcertante. Et ce don exceptionnel, elle l’utilise avec un remarquable discernement. Elle nuance mais n’en abuse pas. Quelques exemples : dans « O ma mère», elle fait dialoguer à elle seule mère et fille en prenant un timbre moins frêle lorsque c’est la génitrice qui parle. Ou quand « Le roi de Bavière » cherche son souffle après l’effort, on s’y croirait. Ou encore la jubilation d’Hortense qui fait revivre le doigt gelé de son malheureux conjoint victime de l’hiver : les frottements vigoureux et même une flamme, n’y pouvaient rien « Mais le cul d’une femme aimable est mille fois plus chaud encore ».

D’où viennent-elles, ces chansons coquines ? Certaines sont qualifiées de traditionnelles (« L’invalide à la … de bois », « O ma mère », « Le roi de Bavière »). Pour les autres, on trouve des auteurs aussi divers qu’Alfred de Musset (« Le fait et le faire »), Bernard Dimey (« Les plafonds » ou … Clémentine Duguet (« On ne pense qu’à ça », en duo avec Daniel Burgat sur un rythme pour le moins enlevé qui donne bougrement envie : Lui : « Quand la Bourse est en baisse/j’ai trouvé que les nanas. Elle : Oui, fais-moi la brouette japonaise/Et puis la toupie volante ».

D’autres sont des pastiches comme « Ah vous dirais-je maman » (j’y reviendrai à la fin parce que c’est ma préférée) dont les spécialistes semblent ne pas trop savoir quelle est la version originale : la gaillarde ou la gentillette?. La même question se pose à propos d’ »Au clair de la lune » qui figure sur le double album de Colette Renard mais n’a pas été retenu par Clémentine.

J’ai été quelque » peu étonné de voir « Sous les palétuviers » tiré d’une opérette et interprété dans ladite par Pauline Carton. En écoutant attentivement, cette chanson, que l’on pouvait entendre à la radio aux heures de grande écoute, n’est pas aussi anodine qu’il y paraît. Simplement, elle suggère plus qu’elle ne dit : « Ah! Mon cœur est aux abois,/Tu peux prendre ô mon roi,/Mon corps au fond des bois …».

Nulle gravité ne vient troubler la fête des sens. Il n’y a que des textes et des mélodies joyeux.

Ça commence dès l’introduction ( sans vouloir faire de jeu de mot ) : sur des sautillements de piano, se posent des rires qui deviennent de moins en moins ambigus, si vous voyez ce que je veux dire.

La conclusion ( là aussi, le calembour serait un peu facile), qu’elle a intitulée « Montage » est un pot pourri : deux petits extraits de « Fernande », un de « Déshabillez-moi », « Le zizi »,  » Le Père Ubu » de Dick Annegarn. Et d’autres que je n’ai pas identifiés.

J’ai dit plus haut que « Ah ! vous dirais-je, maman » avait ma préférence mais les autres ne sont pas mal non plus, notamment « Les nuits d’une demoiselle » (les deux textes sont d’ailleurs signés Guy Breton). On a là une énumération de périphrases inventées, toutes plus savoureuses les unes que les autres, pour dire « faire un coïtus non interruptus ». Je ne peux tout citer, je vais m’en tenir à quelques-unes : « Je me fais picorer le bonbon », « Je me fais laminer l’écrevisse », « Je me fais gauler la mignardise/Je me fais rafraîchir le tison ». Il y en a 28 comme ça. Et que dire de la chute :

…« Et vous me demanderez peut-être

Ce que je fais le jour durant

Oh cela tient en quelques lettres

le jour je baise tout simplement »…

Et puis :

…« Ah ! Vous dirais-je, maman

A quoi nous passons le temps

Avec mon cousin Eugène

Sachez que ce phénomène

Nous a inventé un jeu

Auquel nous jouons tous les deux ». ..

Il s’agit d’une lettre écrite à sa mère par une jeune ingénue depuis son lieu de vacances. Un humour irrésistible parcourt ce texte :

…« Il embrasse ma tirelire

Oh vous conviendrez maman

Qu’il a des idées vraiment.

Puis il sort je ne sais d’où

Une espèce de rat sans patte

Qu’il me donne et que je flatte

Oh le joli petit rat

D’ailleurs il vous le montrera »…

 … » Mon cousin a bien du mal

A calmer son animal

Complètement essoufflé

Il essaye de l’rattraper

Moi je ris à perdre haleine

Devant les efforts d’Eugène

Si vous étiez là, maman 

Vous ririez pareillement »…

…« Il connaît des tas de jeux

Demain soir sur la carpette

Il doit m’apprendre la levrette

Si vraiment c’est amusant

J’vous l’apprendrai en rentrant »…

… » Vous voyez, je suis très sage

Je fuis tous les bavardages

Et j’écoute vos leçons :

Je n’parle pas aux garçons »…

Ainsi s’achève ce petit chef-d’œuvre.

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