Poètes des profondeurs : Anna Maria Carulina Celli


Se séparer des ombres
Déverrouiller la grille et revenir
A la réalité
Il m’arrive
Assise au bord du lit sans plis
De poser ma tête sur une main
J’observe les liens moitié défaits
Tombés sur mes chevilles
A quelques pas de moi
S’entrebâille le portail
Mais des poids morts
Ecrasent mes épaules
Les mains épaisses d’un malfaiteur invisible
Serrent ma gorge
Je m’effondre sur la couche
En attendant un rêve
Un autre rêve encore
Si je pouvais dormir en l’étreinte des défunts
Et j’entends
De l’autre côté des ronces de ma forêt opaque
Les rires des couleurs
Les battements légers d’une aile dans les feuillages
Le bruissement d’une caresse
Sur un visage aimé
Que j’essaie de garder
Quelqu’un vient
Qui ressemble au passé
Mais je tombe de mon sommeil
Dans un sursaut d’effroi
Je me rattrape au vide
Mes yeux sont des jalousies
Qui veillent derrière le monde
Aux douceurs interdites
J’entends grincer la grille
Une volée de flammes embrase la forêt
Où j’essaie de cacher mon désir
De vivre ou de mourir
Je me recroqueville
Au fond de l’impossible
Noyau rempli de cendres
Où pousse le germe vert
D’une fleur vénéneuse

Poètes des profondeurs :Anna Maria Carulina Celli

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