Le roman de l’histoire de Saint-Etienne : La IIIe république – César Bertholon

Christophe-César Bertholon vit le jour à Lyon en 1808. De son père, un riche marchand en soie, il hériterait la constance des convictions.  Il remporta au collège ses premiers succès en vers latins et grecs, et resterait toute sa vie poète.

Ses études abrégées par l’entrée de bonne heure au commerce paternel, en plus de la pratique des lettres et du théâtre, lui émancipèrent l’esprit. Son caractère indépendant fit le reste, pour le détacher des opinions familiales.

Dès lors, il invoqua de tous ses vœux un régime tolérant. Vite déçu par la monarchie de juillet, il composa une chanson intitulée  » conseil au roi « . Il l’incitait à abdiquer, sur le mode railleur, en termes voilés :

  » Pour corriger ce peuple enorgueilli,

Laissez-le donc se gouverner lui-même :

Ah ! croyez-moi, retournez à Neuilly !

Peu disposé à l’écouter, le pouvoir de Louis-Philippe, après l’attentat de Fieschi, se fit plus dur à  l’égard  de la presse : les lois de septembre 1836 interdirent la vente d’écrits et de journaux dans les rues. Bravant la police, César Bertholon les parcourait avec quelques amis pour distribuer…des brochures subversives.

En 1848 le département de l’Isère l’envoya siéger aux deux assemblées de la République. Le Second Empire l’exila. De retour en France, il s’établit à Saint-Etienne et devint journaliste à l' » Eclaireur « . Une autre République l’appela : celle du 4 septembre 1870.

Promu dans la Loire préfet de la Défense nationale, il dut à son côté conciliant, hésitant pour ses adversaires, de céder sous la pression populaire : il arbora le drapeau rouge, proclama la Commune. Il publia même un arrêté prescrivant des élections pour la nuit qui suivit. Des officiers de la garde nationale, fidèles au parti de l’ordre, le lui firent retirer le lendemain.

Le cours des choses le déçut doublement : d’abord la signature par le gouvernement de la capitulation de Paris résistant aux Prussiens ; puis les résultats défavorables, aux législatives, où l’emportèrent dix députés conservateurs, contre un seul de l’alliance républicaine. En février 1871, César Bertholon donnait sa démission de préfet.

Il fut par la suite élu, réélu député de Saint-Etienne, sur les principes qu’il avait fixés :  » Je demanderai l’enseignement exclusivement laïque, obligatoire et gratuit, la séparation de l’Eglise et de l’Etat. « 

Il s’était assigné une dernière tâche : convertir à ses idées le peuple rural de la Loire. Dans ce but il fonda un journal : la République des paysans.

Peu de temps avant sa mort, début janvier 1885, il y écrivait son dernier article :  » Salut à l’année nouvelle ! Merci à celles qui ne sont plus, car c’est de leurs labeurs que nous devons les promesses de l’avenir. « 

Comme un cri de victoire au seuil du grand silence…

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