La route semée d’étoiles de Leo Mc CAREY (1943)

Le charme qui, en cette période d’Avent, se dégage de ces  » bondieuseries musicales  » est semblable à celui qui émane des contes de Noël de Dickens.

Léo Mc CAREY, homme de conviction animé d’une foi tranquille de charbonnier,  s’applique à démontrer une nouvelle fois l’erreur de Gide qui affirmait que le grand art n’avait que faire des bons sentiments.

La paroisse de Saint Dominique est une enclave au sein de la grande ville corrompue. Séduisant crooner, Bing Crosby, coiffé du canotier du père O’Malley est envoyé par l’évêque dans le but de dynamiser ce havre de paix surendetté.

Agacement et agressivité sont bientôt désarmés face à ce prêtre enjoué en prise sur le monde, le base-ball, la musique légère et l’opéra.  » Si tu ne m’aimes pas je t’aime..  » repris en choeur avec une jolie Carmen nous épargne de longues dissertations sur la chasteté et le célibat des hommes d’église !

« Il faut croire qu’au sortir de la guerre le public avait soif d’illusions pour se gargariser de telles tisanes « . Acceptons le jugement lapidaire de Jean Mitry mais à condition de porter le même sur tout projet éducatif actuel axé sur le sport et la musique…

Ne supportant les religieuses que sur les toiles de Clovis Trouille  » Les cloches de Sainte Marie  » suite de  » La route semée d’étoiles » m’enthousiasme un peu moins. Cependant, le film n’est pas sans parenté avec  » Le tombeur de ces dames » de Jerry Lewis. O’Malley, exténué, trouve enfin le repos dans un bon lit et se réveille le lendemain révérend au milieu des brebis !!

Jerry dans son pensionnat de jeunes filles, O’Malley dans le couvent dirigé par la mère supérieure Ingrid Bergman.

Les deux films comprennent de nombreuses digressions musicales ou autres filmées sans contrechamps . Mc Carey n’abdique jamais l’honneur d’être une cible et ne cède en rien au mercantilisme qui exige des coupures. Longueurs ? si vous ne supportez pas les vilains chiards qui racontent la Nativité, n’en dégoûtez pas votre prochain !

L’ironie méprisante que montrait envers  » Les cloches   » Magdalene sisters « (2002) n’était pas exempte de mauvaise foi car, au fond, le film plaide pour une pédagogie avant-gardiste, le père O’Malley conteste le principe de la notation et baisse la moyenne pour faire passer tout le monde ! 

Jacques Lourcelles, qui fut un de ses plus grands défenseurs rappelait que Mc Carey étaient de  » ceux qui préféraient construire et chanter plutôt que détruire et critiquer « .

Suivons son exemple en laissant le cynisme de côté, c’est assez facile parce que nous n’avons pas tant que ça envie de ricaner !!

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