Judex de George Franju (1963) – Philippe Guillaume

George Franju

Pour rendre hommage à Louis Feuillade et aux héros de sa prime jeunesse, George Franju avait choisi Fantomas mais le producteur Robert de Nesle lui imposa Judex.

 Peu importe après tout puisque ce Zorro des temps modernes avait, lui aussi, nourri les rêveries fantasmatiques de la belle époque agonisante.      

Certes, le  » Fantomas  » de 1913 est un chef-d’oeuvre et Feuillade un pionnier auquel le cinéma doit beaucoup, mais j’avoue ma déception et ma frustration devant ces films des années 10 un peu trop statiques, devant cette Lady Beltham  » plus belle femme de Paris « à l’allure de travesti.

Aucun risque, en revanche, de confondre Francine Bergé avec un fort des halles…Ah !! Francine Bergé ! Diana Monti, la Miss Ylang Ylang de Judex, tour à tour sage institutrice, nonne sanglante, furie  » apache « ,et souris d’hôtel en collant noir, émule de la Musidora qui fascina les surréalistes…         

Avec cette  » féérie mélodramatique « ( 1 ), Franju transfuse du sang neuf à l’univers de Feuillade en mobilisant les ressources du cinéma moderne, sans qu’à aucun moment, celles-ci ne viennent étouffer l’original. Le bal des invités à tête d’oiseaux, l’équipe de monte-en-l’air vêtus de noir, l’affrontement des souris, Sylva la blanche et Francine la noire, sur les toits…Ces scènes primitives s’enchaînent en communiquant la délicieuse sensation d’engourdissement éprouvée dans les rêves.

Alain Resnais regrettait aussi de ne pas avoir tourné un Fantomas et un Mandrake, mais c’est le magicien Franju qui réalisa les ambitions onirico-fantastique restées à l’état de virtualités dans l’ennuyeux et snobinard  » Marienbad « .

Franju s’identifie à Judex quand il confie le rôle du justicier au prestidigitateur Channing Pollock ( futur  » Rocambole  » de Borderie ) : « Quand on sait faire apparaître une colombe comme cela, on peut dire  » Favreaux est mort  » ( 1 ).

On appréciera aussi Jacques Jouanneau dans le rôle de Cocantin, le détective maladroit et attachant, faire-valoir qui pour une fois ne parasite pas le déroulement de l’intrigue par des gags débiles, la mélancolique Edith Scob, la belle Sylva Koscina, et par dessus tout FRANCINE BERGE…

Mais si vous voulez savoir comment Diana Monti se réincarna l’année suivante en princesse Nardeya, Belle Jardinière descendante de Gengis KHAN, il vous faudra lire le prochain épisode… 

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