Petites nouvelles et textes d’aujourd’hui – Catherine Balaÿ – Prise ( suite du 12 juillet )

Prise -16

J’aimerais être une petite souris pour voir si tu souffres (enfin ) de mon absence. J’ai envie de te voir souffrir, en manque de moi. Je savoure. Ça va.

Là tu dois être en train d’énumérer mes qualités. Te dire que tu avais tant de chance de m’avoir rencontrée – d’avoir partagé des moments inoubliables avec moi.

Tu dois me parfaiter. La classe.

Prise -17

Et puis ces mots doux que tu me susurrais parfois.

Et tes cheveux caressant mes épaules.

Prise -18

– Mange ta soupe !…et tiens-toi droite ! Qu’i’m’dit, l’aut’ !

-eh h va te faire, avec ta chemise à fleurs ! Que j’me dis !

-Et puis tu nous rangeras ta chambre. Et un lit c’est fait pour dormir, pas pour danser la salsa !…Et avec qui d’abord ? t’es toute seule !

Prise -19

– Ben voyons ! La salsa !

C’est vrai que je suis pas une range-tout. Je suis plutôt une foutre-merde. Disons que j’ai pas l’habitude de tout ranger. j’avoue.

Mais bon. La salsa. et avec qui d’abord ?

Prise -20

Lundi 25 août. les ravisseurs et mon père n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente.

Je pense à toi. Mais sans plus. Je pense que t’arriveras à me repêcher. T’as toujours été là. Tu le seras une fois de plus. Alors je m’inquiète pas.

Smack, que j’ai fait sur la joue de l’humus -fleurius, l’aut’soir qu’il me massait devant la télé. Des fois, il est – enfin, je le trouve – sympa. des fois, il est chiant

!

Prise -21

Comme cette façon qu’il a de toujours me faire ranger les choses que j’déplace.

CHIANT ! Un peu comme toi.

Prise -22

– Oui !? Non papa. Ne presse pas. Tout va bien, sûr ! Oui, je t’aime. Oui, tu m’aimes ( sic ? – rare ).

-On va où demain, ô homme à fleur ? On bouge encore !?…Chier ! … Je dis ce que je veux ! Sans moi vous n’êtes rien !

Des sacs à puces et à vin ! PARFAITEMENT !J’ai pas peur, moi !

Prise -23

-…Oui, j’la ferme. mais bon…faut pas m’chercher !

Y’a quoi à la télé, ce soir ?

Ah  » Emmanuelle  » ! Vive le plaisir de la femme !, que j’crie.

– Ta gueule !, qu’i’m’disent.

-Ok, Que j’me rassagis. Mais on r’garde l’  » Emmanuelle « , sinon rien !

-O.K qu’i’z’acquiescent, blasés.

Prise -24

C’est bien ce film. Ils en bavaient les deux cinglés. Pas intérêt de me sauter dessus ! Ceinture noire jiu-ji-tsu ! Ça calme !

La journée j’me suis mise aux mots croisés, de maison comme de voiture.

On voyage beaucoup. Forcément, pour pas être repérés.

Font pas gaffe si j’pars ou pas. Comme étonnés. Constante à donf.

Prise -25

– Prends la voiture !- J’y dis. Il faut aller au village prochain pour faire le plein d’essence. Toi, le fleuri, t’iras acheter trois kebabs ! Et toi l’allumé tu restes sagement au volant ! ( j’aime quand les femmes sont au pouvoir ! )

Prise -26

Le cornu amène la voiture à la station essence. Installée à côté, je l’aide pour les manoeuvres. En quelque sorte, je suis sa direction assistée. Puis je sors de la tuture et je vais payer à la caisse.

Et là. Le vide…Qu’est-ce que je fous avec deux imbéciles qu’arrivent même pas à forcer mon père à payer pour ma libération ?

Et si je partais. Pour te retrouver ?

– Alors non.

Prise -27

Encore rester. Jusqu’à ce que j’ai plus besoin de toi (t).

Faut qu’j’t’oublie. Que je me prouve que je peux me passer de toi.

Alors je reste.

Allez les femmelettes ! On bouge de c’coin !

Direction la mer ! Youhou !

Prise -28

J’me suis acheté un nouveau maillot – de bain ( ! )

Je me sens belle !

Pour conduire, j’aime bien déboutonner mon pantalon. Mais l’aut’fois,j’m’ suis fait avoir !

Accident. Ma voiture a évité une autre voiture et est allée s’engouffrer dans le fossé.

Prise -29

Et moi, débraillée comme un zouave, j’ai eu le réflexe de ne pas sortir de la bagnole tout de suite. Pensez : la tête aux autres accidentés en voyant mon jean descendre jusqu’aux genoux !

Fleurius ( c’est le surnom par lequel je l’appelle désormais – ça l’énerve, il met plus du tout de chemises à fleurs et il a jeté toutes les fleurs qui respiraient dans sa bagnole )…

Fleurius, donc, et l’excité, étaient l’un en train de cuisiner, l’autre en train de jouer aux cartes avec mon père sur ordinateur ( ils sont en réseau désormais : négociations longuettes ).

…Alors j’ai pris la voiture pour faire les courses.

bizarre, quand même qu’il me retrouve pas, non ?

Prise -30

 c’est con : pas une journée sans penser à lui. Sors de ma tête ! J’étouffe !

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